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HÉRITIER D'UNE LONGUE TRADITION
POUR MIEUX FORGER L'AVENIR
La République commémorait le bicentenaire de sa fondation.
C'était en 1992.
Le groupe parlementaire qui illustra les pages les plus importantes
de son histoire au cours du xx ème siècle célébrait
lui aussi son anniversaire, le centième, au Palais du Luxembourg.
C'est en effet en 1892 que naissait "la Gauche Démocratique",
le plus ancien groupe parlementaire français.
Depuis
cette date, acteur essentiel de la République, il a constamment
animé la vie politique française.
Tous les hommes ayant appartenu à cette formation unique,
de François Mitterrand à Michel Debré, ont
joué un rôle déterminant.
Pour
répondre à sa vocation historique avec un tel record
de longévité, le Groupe sénatorial jugeait,
en 1989, le moment venu de se séparer d'un titre pourtant
emblématique et d'adopter une dénomination plus conforme
à sa réalité contemporaine, porteuse d'un avenir
élargi.
C'est
désormais le "Rassemblement Démocratique et Social
Européen", seul parmi tous les groupes parlementaires
des deux assemblées, à avoir adopté ce dernier
épithète, qui rappelle la part prise par le nombre
de ses membres à la construction de l'Europe.
La
renaissance du groupe s'accomplit naturellement dans son berceau,
la Haute Assemblée.
A
l'exemple de leurs prédécesseurs, les membres du RDSE
s'élèvent au-dessus des clivages idéologiques
et partisans. Egalement unis dans une sage pratique des mandats
locaux, ils partagent une même connaissance de la France profonde,
provinciale et rurale, ils se veulent à juste titre les dépositaires
de ses aspirations, les interprètes des besoins des collectivités
locales comme des institutions territoriales qui les ont élus.
Vocation
permanente du Sénat, cette mission de représentation
des collectivités locales a été confirmée
par la décentralisation, dont les membres du RDSE ont été
les partisans les plus convaincus.
Ils en sont encore les artisans chevronnés. Soucieux avant
tout de respecter l'équilibre, d'observer la plus juste compatibilité
entre l'unité de la République indivisible et les
libertés réaffirmées des assemblées
régionales, départementales et communales, ils exercent
leur arbitrage sans jamais faillir aux idéaux démocratiques
et européens qui cimentent leur union.
Là
se forge l'avenir, celui de notre Pays et des autres communautés
de l'Union Européenne, dans un espace politique, économique
et social nouveau, préfigurant le troisième millénaire.
Pour les Sénateurs du RDSE, la fonction législative,
le contrôle de l'action gouvernementale et la représentation
des collectivités locales sont donc focalisés par
la perspective européenne dans laquelle s'inscrit leur philosophie
politique commune. La démarche de leurs prédécesseurs,
qui ont si fortement imprimé leur empreinte à la vie
parlementaire pendant de nombreuses décennies, trouve là
son véritable prolongement. Cette fidélité
aux idéaux républicains et humanistes plonge ses racines
dans ce siècle d'histoire, dont la plupart des acteurs ont
siégé au Sénat sur les bancs de la Gauche Démocratique
et dont les noms scandent encore les heures graves ou glorieuses
de notre Pays.
Fondé
par Arthur Ranc en 1892, le Groupe a été animé
pendant 10 ans par Emile Combes, autour duquel s'étaient
réunis tous les Radicaux.
En 1908, il s'enrichit d'autres républicains et se dénomme
le Groupe de "la Gauche Démocratique Radicale et Radicale
Socialiste". Elargissant ainsi ses rangs, il rassemble 150
Sénateurs à la veille de la déclaration de
guerre, en 1914. La paix revenue, il comp tera plus de 160 membres
et disposera alors de la majorité au sein de la Haute Assemblée.
Les travaux parlementaires bénéficieront de cet équilibre
entre républicains modérés et radicaux, unis
pour la défense des libertés fondamentales, comme
par la pratique de l'es prit de tolérance et d'ouverture
et d'un certain art de vivre.
Georges Clemenceau, entre deux présidences du Conseil et
la conduite de la guerre, y tempéra de convivialité
sa radicale intelligence et la férocité de son verbe.
Son ami Léon Bourgeois l'imita en se mettant au service de
la grande cause pacifiste de la Société des Nations.
Edouard Herriot, longtemps Président de l'Assemblée
nationale et chef du Parti Radical pendant plus de 30 ans, s'en
fit ensuite le champion. Il fut aussi, dès 1929, l'ardent
partisan "incompris" d'une fédération européenne,
un précurseur.
D'autres personnalités marquantes s'illustreront au sein
du Rassemblement des Gauches Républicaines: Gaston Doumergue,
symbole de cette sagesse radicale qui permit à la France,
en 1934, de sauver la République. Joseph Caillaux, initiateur
de notre fiscalité moderne, Albért Sarraut, incarnation
politique de la terre d'election toulousaine d'un radicalisme fait
de convictions partagées et de convivialité, Henri
Queuille, véritable représentant de ces classes moyennes
qui ont bâti la République et dont la longévité
politique ne démentit jamais la fidélité aux
idées du radicalisme.
A près s'être appelé Conseil de la République,
sous la IV ème République, le Sénat retrouve
son nom en 1958. Le Rassemblement des Gauches Républicaines
devient alors le Groupe de la Gauche Démocratique, mais constitue
toujours la formation charnière au sein de la Haute Assemblée.
Composé d'élus se réclamant de la majorité
comme de l'opposition, il y règne un esprit de tolérance,
d'ouverture et de respect des convictions de chacun. Gardien d'une
vivante tradition parlementaire et républicaine, le Groupe
s'engage dans chacun des débats qui déter minent l'évolution
politique, économique et sociale du Pays: rôle des
collectivités locales, aménagement du territoire,
avenir de l'espace rural et, bien évidemment, place de la
France dans la construction européenne.
Cet état d'esprit particulier fait du Groupe un véritable
creuset d'idées. De générations en générations,
il a entraîné l'adhésion de personnalités
de premier plan, héritier du même patrimoine humaniste,
malgré des sensibilités et des itinéraires
différents. Ont ainsi appartenu au Groupe, sous ses diverses
appellations, le Président de la République, François
Mitterrand, comme trois de ses prédécesseurs à
l'Elysée: Armand Fallières, Gaston Doumergue et Paul
Doumer, mais aussi Gaston Monnerville, biographe de Clemenceau,
qui présida le Conseil de la République, puis le Sénat,
avant de terminer sa carrière au Conseil Constitutionnel.
On compte encore dans ses rangs un ancien Président du Conseil,
Président de l'Assemblée Nationale et académicien,
Edgar Faure.
Autre membre du Conseil Constitutionnel, Maurice Faure, ancien ministre
européen de la première heure, qui a joué un
rôle essentiel dans les négociations du Marché
commun et la signature du Traité de Rome. Citons encore Michel
Debré, un des pères de la Constitution de 1958, premier
chef de gouvernement nommé par le Général de
Gaulle. La liste de détenteurs de portefeuilles ministériels
ayant appartenu au Groupe serait trop longue.
Relevons pourtant qu'il s'honore aujourd'hui de l'adhésion
d'anciens ministres de la majorité et de l'opposition: François
Abadie, Jean-Michel Baylet, Jean François Poncet, François
Giacobbi et Jean-Marie Rausch, cinq Présidents de partis,
Jean-Michel Baylet, René Billeres, Yvon Collin, Maurice Faure,
Max Lejeune ont récemment siégé ou siègent
encore sur ses bancs.
Par ailleurs, Jacques Pelletier, ancien ministre, aujourd'hui Médiateur
de la République, a assumé la direction du groupe.
Jean François-Poncet, ancien ministre des Affaires étran
gères, préside la Commission des Affaires économiques
et du Plan du Sénat, avec la com pétence et l'autorité
que lui confèrent sa connaissance des questions internationales,
euro péennes, ainsi que son expérience de responsable
de collectivités territoriales. Ancien vice-Président
du Sénat, Etienne Dailly, spécialiste reconnu des
problèmes juridiques, a été nommé récemment
au Conseil Constitutionnel. Il a joué un rôle important
au cours de ces dernières années, en témoignant
de la fermeté du Groupe dans la défense des libertés
publiques et le maintien de l'équilibre de nos institutions.
II est vrai que le Rassemblement Démocratique et Social Européen
a pu, parfois, souffrir d'une bipolarisation excessive de la vie
politique française. Il n'en demeure pas moins qu'au sein
d'un paysage politique en pleine recomposition, ce rassemblement
reste un outil indispensable de réflexion, I'un des éléments
moteurs de l'action parlementaire du pays et son pôle européen
le plus dynamique.
Au-delà des différences de sensibilités, par-delà
les apparences partisanes, ses membres ont toujours marqué
leur fidélité à l'essentiel: la défense
des idéaux de liberté, de tolérance et de solidarité.
Deux cents ans après la création de la République
et un siècle après sa propre fondation, le RDSE, présidé
par Guy Cabanel, incarne dans la continuité un renouveau
politique au sein de cet espace de dialogue qui demeure exceptionnel.
La faculté de critique, la capacité de jugement émanent
d'une liberté de l'esprit qui est le fon dement-même
de la démocratie et le trait commun à tous les membres
du RDSE.
L'lNTELLlGENCE EST A LA POINTE DE L'OUTIL. «Alain»
L'originalité du Groupe réside dans la diversité
des courants de pensée qui s'y expri ment et son corollaire
en est la totale liberté dont disposent ses sénateurs
pour y faire valoir leurs idées lors des débats et
des votes.
Chacun d'entre eux a par ailleurs la possibilité d'intervenir,
aussi souvent qu'il le souhai te, sur les sujets de son choix. Modèle
de forum démocratique, le RDSE tire sa vitalité de
ces échanges qui échappent à tout sectarisme
et n'ont comme seul objectif que la défense des libertés
et des idéaux républicains. Il n'est pas rare de voir
converger tous les points de vue sur les grands thèmes de
société. La nécessité de la construction
européenne per met tout particulièrement au consensus
de se dégager.
PARTICIPER
A L 'ACTION DU RDSE,
C'EST ENRICHIR LE DEBAT PARLEMENTAIRE,
VALORlSER LA DYNAMIQUE POLITIQUE DE NOTRE PAYS,
OEUVRER POUR QUE LA SOCIETE NATIONALE TOUTE ENTIERE
PROGRESSE DANS LE RESPECT DES EXIGENCES DEMOCRATIQUES.
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